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1940 le « camp de concentration des nomades » de Coray
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animlaz
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MessagePosté le: 25 Mar 2008, 23:52    Sujet du message:   1940 le « camp de concentration des nomades » de Coray
Description du sujet: Un camp bien oublié
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Le « camp de concentration des nomades » a Coray

`Le 15 octobre 1940, BÉRENDÈS, Colonel Feldkommandant, mande au préfet qu’il ordonne, en exécution des instructions qu'il a reçues du Chef de l'Administration militaire allemande en France, que tous les « romanichels » se trouvant dans le Finistère soient rassemblés dans un camp, sous la surveillance de la police française, à la date du 1° novembre, de rigueur.
L'administration, en ce qui concerne l'établissement du « camp de concentration des nomades »- c'est [size=18]l'appellation sinistre qu'on lui donne - choisit le patronage paroissial de Coray, comprenant un bâtiment qui servait de salle de cinéma et un terre-plein de 2 000 m2 environ sur lequel un baraquement est rapidement monté.
L'autorité vichyste doit se référer à diverses dispositions de 1891 à 1940, sur l'état de siège et la circulation des nomades, parodie de légalité, en l'occurrence, pour interner des Français par ordre des Allemands.
« Cette mesure a été prise par le Gouvernement de Vichy, » disent les Allemands aux réclamants.
« Ce sont les Allemands.. », assurent les autorités vichystes avec raison.
« Nous ne sommes pas des espions », proteste Mme THOMAS née SCHAENOTZ,
arrêtée à Brest et dont le mari est prisonnier de guerre au Stalag 18 A.
Il apparaît bien qu'on n'a pas recherché tous les forains nomades. Il n'en fallait qu'un certain nombre, juste assez pour que les Allemands eussent l'impression d'avoir été obéis.
M. LEBOSSCHER, qui a un appartement à loyer, est arrêté, alors que des forains qui vivent en roulottes sont « oubliés ».
Depuis l'interdiction de circuler, tout ce petit peuple stationne d'ailleurs, dispersé sur des terrains privés, quelques-uns sur des terrains communaux. C'est le cas à Landivisiau.
Le camp de Coray pouvait recevoir 80 personnes, mais les internés sont au nombre d'une soixantaine.
Trois ou quatre familles arrivent au camp avec leurs voitures; les autres nomades sont tous logés dans le baraquement où ils trouvent des lits de fer.
Une dizaine de gardes mobiles surveillent le camp.
Le règlement interdit les sorties « sans l'autorisation écrite et signée du chef de poste »; de plus, il exige qu'elles aient lieu le matin seulement, entre 9 h et 12 h.
L'heure du réveil est fixée pendant la saison d'hiver et jusqu'au 1 avril, à 7 h 30, celle de coucher à 20 h 30. Trois appels journaliers sont prévus.
Les internés peuvent, dans certains cas, exercer leur profession dans les limites du camp, mais les objets qu'ils fabriquent doivent être vendus à l'extérieur, au cours de la sortie du matin.
L'administration prévoyait de leur verser, à eux-mêmes et à leurs familles, « des allocations permettant d'assurer leur subsistance, sans qu'elles pussent être supérieures à celles attribuées aux réfugiés ».
Les enfants d'âge scolaire devaient être conduits à l'école la plus proche par une personne du camp désignée à cet effet.
Le règlement prescrit la fouille des nomades qui entrent au camp ainsi que
celle de leurs véhicules, la confiscation des couteaux à lames fixes à deux tranchants, coups de poings américains, nerfs de bœufs, etc. le retrait des pièces d'identité et carnets obligatoires.
Un chef de camp nomade doit être désigné, responsable de la bonne tenue des internés.
Ce règlement ne fut pas appliqué dans toute sa rigueur car les internés ne séjournèrent que fort peu de temps à Coray.
Les gendarmes leur laissèrent une liberté relative. Ainsi ils allaient au bourg faire leurs provisions, car il n'y avait aucun arrangement relatif à leur subsistance.
Au bout d'une huitaine de jours, les internés embarquent dans deux camions et gagnent la gare de Quimper. Ils montent dans des wagons de voyageurs après avoir répondu à l'appel de leurs noms sous l’œil des Allemands.
Les nomades du Finistère se retrouvent au camp de Coudrécieux (Sarthe), où ils restent dix-huit mois environ, puis au camp de Mulsanne, dans le même département, où ils passent quatre ou cinq mois, ensuite au camp de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire).
Il ne semble pas qu'aucun de ces nomades ait été déporté comme "tzigane". Ils ne furent pas maltraités, mais souffrirent beaucoup de la faim, devant recourir au troc pour se nourrir; Mm THOMAS utilisa la carte de tabac de son mari.
Des familles entières avaient été internées, dont les époux DEBARRE, arrêtés à Morlaix avec leurs neuf enfants. Il y eut des naissances dans les camps, des décès aussi.
Quelques internés, qui pouvaient justifier d'un domicile, furent libérés à partir de 1942. Les autres, quand ils revinrent en 1944 dans les lieux où ils avaient laissé leurs véhicules-habitations, ne les retrouvèrent pas ou dans un tel état de délabrement qu'ils étaient inutilisables.

On a noté que tous les forains nomades n'avaient pas été arrêtés. Ainsi le 7 mai 1941, le Feldkommandant mande de nouveau au préfet que les officiers allemands rencontrent fréquemment, dans les rues de Quimper et de quelques localités du département, des individus, hommes ou femmes, dont le type et le costume révèlent l'origine gitane n. Il insiste pour que ces personnes soient éloignées du département, même si elles ne sont pas nomades ".

Quelques arrestations sont opérées, de membres des familles ZUGETTA, DAUBERT, de Morlaix, par exemple, qui sont dirigés directement sur le camp de nomades de Montreuil-Bellay.


(1) Témoignage de Jean LE BRIS, arrêté en même temps qu'un autre Quimpérois : René Poujade. (2) « Ouest-France » du 7 mai 1946.
(3) N- 28 du 15 octobre 1942 (référence à un article du journal « Le Franc-Tireur s). (4) « Ouest-France s, Ibid.
(5) Archives Municipales Brest, 4 H et C.H.G. 29.
(6) Décret annulé le 23 juin 1943 à Alger.
(7) Créées par Vichy le 14 août 1941.
( Cool C'est ce qui ressort des éléments d'une statistique sur la déportation dans le Finistère, établie par le C.H.G. en 1968.
(9) Rapports du xxviéme C.A., S.H.A.
(10) On trouve trace de contact dans l'ouvrage A travers les départements meurtris : le Finistère. (11) A.D. 29. Notes C.H.G.
(12) Toutefois, au mois d'août 1921, le Maréchal PÉTAIN était de passage à Quimper, accompagné de l'Amiral LACAZE, et y avait rencontré, selon la presse, e de nombreux amis s.
(13) 26 janvier 1944.
(14) Discours prononcé par le Secrétaire général de la préfecture, lors de l'apposition d'une plaque (session de mai 1944) en hommage aux Conseillers généraux François DILASSER, Maire de Huelgoat, Alain de GUEBRIANT, Maire de Saint-Pol-de-Léon, Pierre GUÉGUIN, Maire de Concarneau, tombés sous les balles allemandes, Louis DUPIECH, préfet, René FAUVEL, rédacteur à la préfecture, morts en déportation.
(15) Témoignage de Mme THOMAS-SCHAENOTZ.[/size]

Source: Le Finistère dans la guerre " THOMAS et LE GRAND Ed de La CITE 1980
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